Sommaire du journal N°129 - Juin/Juillet 2016

Chers lecteurs,

Changement de majorité au Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, changement de politique. Alors que l’équipe de Jean-Jack Queyranne (PS) prônait une montagne «quatre saisons», celle de Laurent Wauqiez (LR), nouveau président, mise sur le «tout neige», le «tout ski». A partir d’un constat : la France est à la traîne par rapport à l’Autriche et l’Italie. Selon Domaines skiables de France, seulement un tiers des stations françaises sont équipées de canons à neige contre 70 % en Italie.

Laurent Wauqiez est assisté dans sa croisade pour les canons à neige et le «tout ski» par Gilles Chabert, tout puissant patron des moniteurs de ski, même si une autre fédération de pulls rouges conteste son pouvoir. 

Il entend investir 50 millions d’euros lors de son mandat – 10 millions dès cette année – qui peuvent devenir, selon lui, 200 millions avec l’apport des départements, des sponsors privés et des stations. Toutes les stations seront concernées jusqu’aux plus petites. On pense évidemment aux stations du Massif central où la neige, en raison de la faible altitude, n’est pas toujours au rendez-vous. Il s’agit aussi, disent les mauvaises langues, de la région chère à Laurent Wauquiez, élu local, ce qui risque en outre, disent les mêmes, d’exacerber la concurrence entre stations...

Le président de la Région se heurte à de nombreux adversaires au premier rang desquels – c’est de bonne guerre – l’ancienne conseillère montagne de Jean-Jack Queyranne, Claude Cornet, qui dénonce la décision de Laurent Wauquiez : «Il veut faire un plan neuf... qui date de 50 ans en arrière alors qu’aujourd’hui 63 % des revenus du tourisme montagnard proviennent des activités de pleine nature, en hors-neige.»

Même désapprobation du côté de Mountain Wilderness France, association de défense de la montagne, qui affirme, elle aussi, que «le miracle de l’or blanc se trouve 50 ans derrière nous». L’association, dans une lettre ouverte à Laurent Wauqiez, rappelle que «le ratio de l’activité touristique est de 50 % en hiver et de 50 % en été. Sur les 11 milliards d’euros dépensés en 2013, si 4,81 milliards l’ont été dans les stations, 6,13 l’ont été dans la montagne hors stations.»

L’association prône donc un tourisme quatre saisons «porteur d’emplois» au profit de l’ensemble de la montagne où les stations ne représentent que 3 % du territoire montagnard.

Les élus des stations sont presque tous favorables aux canons à neige – l’exemple de décembre dernier, sans neige, les a traumatisés – en même temps qu’ils espèrent voir le tourisme d’été progresser. Est-ce conctradictoire ?

 

Une expérience originale menée par Paul Robach, docteur es-sciences et guide de haute montagne, bien connu à Chamonix, vient d’être publiée par la revue scientifique américaine Plos One. L’équipe de Paul Robach a recueilli, au cours de l’été 2013 aux refuges du Goûter et des Cosmiques, les urines de quelque 500 alpinistes amateurs partis à l’assaut du mont Blanc, le but étant de contrôler les substances médicamenteuses qu’ils auraient prises. Le résultat est que les substances les plus «populaires» sont des diurétiques prescrits contre le mal aigu des montagnes (23 %) et des hypnotiques (13 %) prescrits dans les cas d’insomnie. Très peu de cannabis ou de narcotiques et aucun anabolisant.

L’étude serait donc positive si les chercheurs ne faisaient remarquer que l’efficacité des diurétiques n’est pas démontrée – les spécialistes recommandent plutôt l’acclimatation naturelle – et que l’absorption d’hypnotiques est à double tranchant car ils sont susceptibles d’altérer la vigilance.

D’aucuns imaginent maintenant de lancer la même étude dans les urinoirs de stations-services pour évaluer l’usage des psychotropes par les conducteurs d’automobiles...

Claude Fouchier

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