Livres - N°171 - Juin/Juillet 2023

Livres

Farinet, c’est un fameux faux-monnayeur, un Robin des bois populaire qui vécut entre Val d’Aoste, Savoie et Valais au xixe siècle. Arrêté pour avoir fabriqué de fausses pièces qu’il distribuait généreusement dans les villages de montagne, il s’évade à de nombreuses reprises.

Ce héros populaire à la vie romanesque et rocambolesque meurt à 35 ans, en 1880.

Cinquante ans plus tard, Ramuz, écrivain novateur qui rayonne bien au-delà de la Suisse romande, s’empare du personnage et en fait le héros d’un récit classique, haletant comme un roman d’aventure, porté par son style unique et incandescent : irruption du présent au milieu d’une phrase, mélange des temps qui rend le présent dense, langue vaudoise aux accents paysans transfigurée par une écriture singulière, moderniste, au confluent des révolutions artistiques du xxe siècle (il est passionné par Cézanne et Stravinsky).

Farinet se serait caché un temps au fond de la vallée de Chamonix, dans une grotte au-dessus de Vallorcine. Un petit mémorial y est installé.

Cet ouvrage est un grand classique de la littérature, paru pour la première fois en 1932, que les éditions Guérin viennent de rééditer.

C’est une façon de remettre à l’honneur l’écrivain Ramuz, également poète, auteur suisse d’œuvres majeures : La Grande Peur dans la montagne, Derborence…

Farinet ou la fausse monnaie de C. F. Ramuz, éditions Guérin, 21 €

 

Ce guide pratique répertorie des idées pour partir randonner durant un ou deux jours à la découverte des refuges alpins et leurs lieux d’exception. Ces itinéraires permettent de découvrir des refuges et au-delà, un lac ou un sommet. Les difficultés sont variées et les sites également : Aiguilles Rouges, alpes Grées, Arves, Beaufortain, Belledonne, Cerces, Chablais, Écrins, Grand Paradis, mont Cenis, mont Blanc, Thabor, Valais ou Vanoise, les paysages sont innombrables et les émerveillements infinis.

Randos week-end, refuges et lieux d’exception, collectif d’auteurs d’Altituderando, éditions La Fontaine de Siloé, 19 €

 

La Route des Grandes Alpes relie le lac Léman à mer Méditerranée en traversant les Alpes françaises du nord au sud, pour une aventure en vélo ou en vélo à assistance électrique. Il est désormais possible, même pour les moins sportifs, de partir sur les traces des coureurs du Tour de France et de franchir les grands cols (Galibier, Iseran, Izoard…) et de plonger au cœur des paysages grandioses.

À travers 15 étapes, leurs nombreuses variantes et plus de 30 cols, relevez le défi et partez pour l’une des plus belles expériences cyclistes avec près de 1 400 km au fil de l’une des plus belles routes de montagne.

Road-books détaillés, cartes, profils d’itinéraires, ce guide pratique est un complément du site routedesgrandesalpes.com où les voyageurs peuvent télécharger les traces GPS et y trouveront les bonnes infos pratiques pour organiser leur voyage, notamment les hébergements mis à jour chaque saison.

Route des Grandes Alpes Voyages à vélo et vélo électrique, éditions Glénat, 18,90 €

 

En août 1930, Henry George Watkins (surnommé « Gino »), un jeune Britannique de 23 ans, fraîchement émoulu de l’université de Cambridge, pilote et amateur d’alpinisme, prend les rênes d’une ambitieuse expédition au Groenland. Treize scientifiques et explorateurs l’accompagnent. Leur mission : cartographier la région et installer une base météorologique à plus de 2 000 mètres d’altitude. Leur but : explorer un territoire encore inconnu afin d’établir une voie aérienne Arctique entre l’Angleterre et les États-Unis.

Mais lorsque August Courtauld décide d’hiverner sur cette calotte glaciaire balayée par de féroces orages et où règnent des températures épouvantables, le projet initial se transforme rapidement en une série d’épreuves de survie épiques…

David Roberts (1945-2021) est un alpiniste et auteur de récits d’aventure. Il s’est appuyé sur des témoignages et de nombreux documents d’archives pour raconter l’histoire de cette expédition.

Dans l’immensité du vide de David Roberts, éditions Paulsen, 23 €

 

Sous-titré 40 balades entre cascades et alpages, ce petit guide pratique permet de découvrir des sites peu connus autour de Bonneville, dans un Faucigny un peu secret. Pays d’eaux vives et de lacs, d’éminences et de gorges, d’estives et de forêts, le Faucigny offre toutes les configurations paysagères de la moyenne montagne ; des plus audacieuses, comme celles du Haut Giffre, jusqu’aux plus débonnaires particulièrement présentes dans la basse vallée de l’Arve, sans oublier la faune, la flore et le patrimoine qui enrichissent cette vivante région.

Autant d’attraits que ce guide évoque à la faveur de la variété de randonnées proposées et accessibles à tous.

Le Faucigny à petits pas de Danièle Chappaz et Daniel Grévoz, éditions La Fontaine de Siloé, 9,90 €

 

Entre 1930 et 1940, avec plus de 200 premières ascensions avant sa mort à 39 ans, Emilio Comici était le grimpeur le plus fort et le plus connu des Alpes orientales, le foyer mondial de l’escalade à cette époque.

David Smart explore comment la tragédie familiale et le fait de grandir dans la classe ouvrière de Trieste sous l’occupation autrichienne ont façonné la personnalité complexe de Comici et ses attitudes envers l’escalade.

Il était loyal envers ses amis, profondément préoccupé par les personnes vulnérables, y compris ses compagnons d’escalade, et pourtant très compétitif, un vagabond né et pourtant aussi un dandy, irrésistible pour les femmes et pourtant incapable de se caser, dévoué à sa mère et aux montagnes, et enfin, comme beaucoup d’autres alpinistes italiens de l’époque, un membre du parti fasciste italien bien qu’il soit profondément anti-allemand et opposé à la persécution raciale.

Emilio Comici était l’un des alpinistes les plus importants des années « 6e degré » et un amoureux de l’esthétique de l’escalade, et pourtant aucune biographie complète et exhaustive ne lui avait été dédiée jusqu’à présent. David Smart comble ce manque avec cet ouvrage et nous livre un incontournable de l’histoire de l’alpinisme.

Emilio Comici l’ange des Dolomites de David Smart, éditions du Mont-Blanc, 22 €

 

Grands lacs de vallée ou oasis perdues en plein océan minéral, lacs de retenue ou lacs glaciaires, lacs d’alpage ou d’altitude : chacun est si singulier que les comparer relève de l’impossible. Et puis il a y ces questions récurrentes quand il s’agit de publications sur le patrimoine naturel : doit-on rendre le lac Blanc encore plus célèbre qu’il ne l’est déjà, au risque d’aggraver sa fréquentation ? Doit-on au contraire divulguer la position de ce petit lac perdu dont le reflet se réservait à quelques chanceux ? Ou bien est-ce l’émotion seule qui doit guider notre sélection ?

Entre les lacs célèbres et les plus secrets, les ronds, les bleus, les verts, il a fallu faire un choix. Du Chablais au Mercantour, ils représentent le massif dans toute sa diversité. Tous sont à découvrir au rythme du pas de randonneur. 

Porté par une centaine de photographies, l’ouvrage donne des propositions de randonnées et des clés pour mieux comprendre la formation des lacs, leurs différents usages, ainsi que la richesse et la fragilité de leur faune et de leur flore.

Les plus beaux lacs des Alpes de Johannez Braun, éditions Glénat, 25,90 €

 

L’image figurant en couverture de cet ouvrage est une reconstitution de l’immense glacier de l’Isère qui venait de mourir il y a un peu plus de 20 000 ans dans un lac profond de plusieurs centaines de mètres, là où se trouve aujourd’hui la ville de Grenoble. À la même époque, le site de Genève était sous les glaces et le lobe du glacier du Rhône écrasait les banlieues de Lyon.

Dix fois au moins pendant l’ère quaternaire, les Alpes ont été recouvertes par des champs de glace qui allaient de Sisteron à Munich ! Pour créer ces images et rendre visibles les glaciations passées, Sylvain Coutterand étudie les traces que les glaciers géants ont laissées dans le paysage : blocs de rocher charriés jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu d’origine, roches rabotées, moraines recouvertes depuis longtemps par la végétation… L’auteur retrace la naissance de cette science, la géomorphologie, dont les découvertes ont permis de reconstituer les états passés des glaciers alpins. Plus de 50 cartes sont présentées dans cet atlas pour prendre la mesure de l’ampleur des grandes glaciations et de la rapidité du recul actuel des glaciers.

Ces images de la préhistoire des glaciers alpins sont un appel puissant à la réflexion à l’heure où leur disparition est une triste probabilité.

Cet atlas propose également de se rendre sur le terrain grâce à dix randonnées découverte des plus beaux glaciers des Alpes. Il y a urgence comme l’écrit en préface le climatologue Jean Jouzel, membre de l’Académie des sciences : « Le réchauffement climatique, s’il n’est pas maîtrisé, finira de modifier à brève échéance ces paysages auxquels nous sommes très attachés. »

Atlas des glaciers disparus de Sylvain Coutterand, éditions Paulsen, 39,50 €

 

«Je suis un pauvre gamin sans parents. Le paria du village à qui on donne par charité une assiette de soupe, mais à qui on ne fait jamais une place à table. Chez les autres, ma place est par terre, avec la petite fille mongolienne du hameau. Pourtant, je ne me sens pas blessé, ni vexé. C’est ainsi. Je me suis construit comme cela. »

Plus qu’une autobiographie, Le monde d’en haut se lit comme une épopée. Porté par un destin hors du commun, Raymond Renaud, l’enfant sauvage des Hautes-Alpes, est devenu un alpiniste de renom gravant son talent et son audace sur quelques-uns des plus beaux sommets du globe, de la Meije à l’Ama Dablam en Himalaya. Guide de haute montagne, professeur à l’École nationale de ski et d’alpinisme, himalayiste chevronné, cet esthète de l’alpinisme a fait de sa vie une aventure permanente dictée par l’émotion et la passion. 

Un récit palpitant qui encorde le lecteur pour le guider vers ce monde de l’altitude, là où le cœur des hommes se livre sans détour. 

Le monde d’en haut de Raymond Renaud, éditions du Mont-Blanc, 18 €

 

À chaque étape de sa vie et de ses courses, François D’Haene s’interroge sur ce qui lui a permis de garder le goût de courir longtemps, très longtemps, et d’accéder aux plus beaux des podiums, de l’UTMB à la Diagonale des fous en passant par la Hardrock ou le mont Fuji. C’est un plaidoyer pour l’équilibre d’une vie où la course jamais ne détruit les bonheurs quotidiens, ceux de la famille, de la fidélité en amitié, du travail de la vigne, du plaisir des longues sorties improvisées en montagne et du ski-alpinisme en hiver.

Une réflexion nourrie par près de deux décennies de pratique, où les amateurs trouveront une foule de conseils pour vivre longtemps leur passion de la course d’endurance.

La vie courante de François D’Haene, éditions Guérin, 20 €

 
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