Saint-Gervais - N°167 - Octobre-Novembre 2022

Commémoration des 130 ans de la catastrophe du glacier de Tête Rousse

Une cérémonie en hommage aux victimes de la catastrophe du glacier de Tête Rousse a été organisée le 10 septembre dernier dans le parc thermal du Fayet. À cette occasion, une plaque commémorative a également été inaugurée à Bionnay, à la mémoire des victimes (175) de cette catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’histoire des Alpes. 

« Une lave glacière et torrentielle »

Rappel des faits. Il est environ une heure du matin, ce 12 juillet 1892, quand un énorme fracas retentit, réveillant par surprise les habitants de Saint-Gervais. La terre se met alors à trembler et bientôt une coulée monstrueuse mêlant eau, boue, glace et rocs arrivant du glacier de Tête Rousse déferle avec une violence sidérante. Le hameau de Bionnay est dévasté : les habitations et les fermes sont ravagées, les corps sont violement emportés… Cette « lave glacière et torrentielle », comme elle est appelée, continue sa course infernale dans le cours du Bonnant et reprend vigueur avant de s’engouffrer dans la gorge des Bains. La lave bondit par-dessus la cascade de Crépin avant de s’abattre de plein fouet sur les thermes de Saint-Gervais et le village du Fayet. Six minutes suffiront pour anéantir six bâtiments sur huit de la station thermale. Au matin, la vallée offre un spectacle d’apocalypse : parmi les décombres, ne restent que d’énormes blocs rocheux abandonnés par la coulée. Le glacier de Tête Rousse à l’origine de ce cataclysme est pourtant considéré comme modeste (8 hectares). Niché dans une cuvette rocheuse à 3 200 mètres d’altitude sur la voie normale de l’ascension au mont Blanc, il ne présentait aucun signe avant-coureur de rupture. Et pourtant, la purge d’un lac sous-glaciaire insoupçonné conjuguée à un effondrement d’une partie de la masse glaciaire ont déversé quelque 200 000 mètres cubes de lave torrentielle, endeuillant à tout jamais le Val Montjoie (JdP n° 12 et 13).

Tête Rousse désormais scruté à la loupe

Depuis 2010, Tête Rousse est revenu sur le devant de la scène lorsque les glaciologues ont découvert qu’une poche d’eau géante reformée sous le glacier menaçait une nouvelle fois de se rompre, risquant de submerger la vallée (JdP n° 95 et 97). Très vite, le préfet et le maire de Saint-Gervais ont mis en place un dispositif de protection de la population afin d’évacuer rapidement les habitants en cas de rupture et des travaux de pompage ont aussitôt commencé. Grâce à la mobilisation des secours et au sang-froid de la population, la catastrophe a pu être évitée. Depuis, le glacier est sous constante surveillance des scientifiques.

 
Photo © P. Tournaire

Le savez-vous ?

On raconte que juste avant la catastrophe du glacier de Tête Rousse, la faune environnante aurait senti le danger et pris la fuite. Une sculpture représentant un cerf a été érigée en mémoire du drame sur un rocher vestige de la catastrophe. Symbole de résilience, il contribue au travail de mémoire de la catastrophe et est une sculpture incontournable du parc thermal du Fayet.

 

 

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