Sommaire du journal N°132 - Décembre/Janvier 2016

Chers lecteurs,

La barre des 800 000 habitants en Haute-Savoie a été franchie cette année, soit une hausse de 13,6 % en dix ans ! C’est la dynamique démographique la plus importante de notre pays. La plus forte augmentation de la population se trouve chez les plus de 60 ans, ce qui prouve l’attractivité réelle du territoire où le tourisme représente 30 % de l’économie même si la fréquentation touristique est en légère baisse depuis quelques années. 

Dans ce bilan économique il ne faut pas oublier le voisinage de la Suisse où 80 000 frontaliers de l’Ain et de la Haute-Savoie travaillent notamment dans le canton de Genève qui verse aux deux départements une compensation financière correspondant à 3,5 % de la masse salariale soit 257 millions d’euros cette année.

Conséquence : le marché immobilier est en bonne santé en Haute-Savoie qui taille des croupières à la Savoie où les stations, n’ayant pas de vie de village, sont souvent des déserts hors saison. On enregistre des hausses de prix un peu partout avec une prédilection pour les maisons anciennes avec de grandes surfaces. Les notaires haut-savoyards ont enregistré, dans le pays du Mont-Blanc, un prix médian de 595 000 € pour une surface habitable de 125 m2 et un terrain de 860 m2. Et près de la moitié des transactions ont porté sur des maisons de 6 pièces et plus pour un prix médian de 712 500 € pour 167 m2 habitables.

L’engouement pour les maisons anciennes s’explique aussi par les innombrables normes qui entravent la délivrance d’un permis de construire qui devient un véritable parcours du combattant pour celui qui veut bâtir. Il se rabat alors sur l’existant quitte à entreprendre des rénovations coûteuses. Ce qui n’est pas le cas des promoteurs, bien armés sur le plan juridique, qui profitent de la loi ALUR qui, en supprimant les COS (coefficient d’occupation des sols), permet de construire d’immenses surfaces sur un minimum de terrain.

On sait que cette loi, créée pour favoriser la construction dans les zones urbaines, n’est pas adaptée aux stations touristiques. Le préfet honoraire François Leblond, président de l’Association des résidents de la vallée de Chamonix et président des associations pour la protection de l’environnement et du cadre de vie des stations de montagne en Haute-Savoie (FESM 74), se bat, avec notamment Eric Fournier, le maire de Chamonix, pour faire amender la loi et autoriser des dérogations. Mais pour l’instant l’Assemblée nationale a refusé d’amender. Ce qui montre, une fois encore, la rigidité du législateur en France : la loi doit pouvoir s’appliquer partout sans tenir compte des différences évidentes qui existent sur le territoire national...

Une seule arme pour l’instant pour les maires qui se désolent de devoir autoriser des permis de construire qu’ils désapprouvent : réviser leur plan local d’urbanisme (PLU) qui leur redonnerait la maîtrise de l’urbanisme dans leur commune. Mais cela prend du temps. François Leblond espère maintenant que le bon sens l’emportera chez les sénateurs avant de tenter de convaincre une nouvelle fois les députés.

Claude Fouchier

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